Un peu d'histoire

La petite histoire d’une grande Association (1915 à 1944)

Les CFQ (Cercles de Fermières du Québec) sont à l’origine des créations du ministère de l’Agriculture. En effet, c’est à deux agronomes, messieurs Alphonse Désilets et Georges Bouchard, que l’on doit la création des premiers Cercles en 1915. Cette année-là, cinq (5) Cercles voient le jour : Chicoutimi, Roberval, Champlain, Saint-Agapit et Plessisville lesquels totalisent 240 membres.

Quatre ans plus tard, en 1919, alors que se tient à Québec le premier Congrès général et l’élection du premier CEP (Conseil exécutif provincial), est élue première présidente madame J.-P. Gamache (Constance Walsh) de Pont-Rouge, Comté de Portneuf. L’Association compte déjà 34 Cercles qui regroupent 1753 membres. On décide alors de créer le premier périodique officiel des CFQ : La bonne fermière qui coûte 0.45 $ pour quatre numéros.

En 1920, se tient la première exposition provinciale.

En 1922, au moment du deuxième Congrès général, les CFQ dénombrent 74 Cercles et plus de 5 000 membres. Les Cercles se choisissent un drapeau et adopte les premiers Statuts et règlements stipulant que les CFQ relèvent du ministère de l’Agriculture. Monsieur Alphonse Désilets en sera le premier directeur, appuyé de mademoiselle Anne-Marie Vaillancourt qui lui succédera en 1929 et se consacrera aux CFQ jusqu’à sa mort en 1953. La Revue passe à 1$.

L’éclosion phénoménale des Cercles ne semble pas vouloir s’étioler. À preuve, lors du troisième Congrès général en 1927, l’Association compte 111 Cercles regroupant 7 000 membres. À partir de cette année-là, le Comité exécutif des CFQ n’a plus de présidente et devient un comité consultatif du ministère de l’Agriculture. 50 Cercles exposent dans les magasins Dupuis.

Dans les années 1930, crise oblige, les membres des CFQ se servent des connaissances artisanales acquises au sein des Cercles pour faire du neuf avec du vieux. Mais elles mettent aussi leur créativité à contribution et donnent ainsi un nouvel essor à l’artisanat québécois. D’ailleurs, la conservation et la transmission du patrimoine artisanal constituent encore, avec l’amélioration des conditions de vie de la femme et de la famille, la raison d’être des CFQ.

En 1940, alors que les Québécoises obtiennent le droit de vote, s’enclenche une période déterminante pour les CFQ : l’organisation des Cercles en Fédérations. Il y a alors 28 000 membres.

Cependant, la constitution de ces instances intermédiaires sur la base des Fédérations agronomiques plutôt que selon les subdivisions diocésaines soulève l’ire du clergé qui crée, en 1945, une association concurrente : l’UCF (Union catholique des Fermières) qui deviendra l’AFEAS en 1966.

On compte alors 49 670 membres.

La petite histoire d’une grande Association (1945 à 1994)

L’objectif avoué de l’entreprise du clergé est de sonner le glas des CFQ. La ponction exercée sur les CFQ par cette organisation concurrente varie beaucoup selon les régions et la détermination des évêques. Quinze ans plus tard, le clergé doit se rendre à l’évidence; les CFQ sont là pour rester et demeurent aujourd’hui l’Association féminine no 1 au Québec.

Les temps changent, l’Association se réorganise donc et apprend à se servir de sa force de frappe pour donner leur juste place aux femmes dans une société où tout reste encore à faire en matière de condition féminine. Dès 1960, un Conseil général élu annuellement par les présidentes des 23 Fédérations fait le suivi des affaires de l’Association entre les Congrès. Pour la première fois depuis 1927, les CFQ ont une présidente, madame Charles Gosselin (née Alfréda Desjardins).

Puis, progressivement, l’idée d’incorporer les CFQ et de doter l’Association d’une charte bien à elle fait son chemin. C’est chose faite le 22 mai 1968.

En 1974, naît la Revue Fermières.

En 1978, les CFQ publient le premier d’une longue série de livres de recettes : Les Recettes des Fermières du Québec. En 1987, il y aura La Table en Fête, puis à partir de 1989, les cinq volumes Qu’est-ce qu’on mange? verront tour à tour le jour.

Au tournant des années 1980, les CFQ connaissent leur apogée, avec environ 850 Cercles et 75 000 membres. Madame Blanche Noreau de Neuville donne aux CFQ leur chant-thème : « Tu as le temps ».

En 1988, l’Association se dote d’un Siège social, à Longueuil, où s’affairent deux employées permanentes.

En 1990, c’est le lancement « des Femmes de parole », « Des femmes se racontent » et du premier numéro de l’Actuel, magazine des Cercles de Fermières du Québec qui se féminisera en l’Actuelle en 1995.

En 1993, comme le ministère de l’Agriculture ne subventionne plus les Cercles, l’Association crée le Concours d’artisanat textile des CFQ. La Société canadienne des Postes frappe un timbre commémoratif à l’effigie des CFQ en 1993.

Le Congrès d’orientation en 1994 permet de réaffirmer la mission des CFQ : « Association vouée à l’amélioration des conditions de vie de la femme et de la famille ainsi qu’à la transmission du patrimoine culturel et artisanal ».

La petite histoire d’une grande Association (1995 à ce jour)

À l’occasion du 80e anniversaire des CFQ, le concours « Créez le tartan des CFQ » est lancé parmi les membres. La grande gagnante, madame Suzanne Allard-Ouellette du Cercle Saint-Jérôme (Féd. 16) a été couronnée au Congrès provincial 1995.

En 2003, les CFQ publient « Les Secrets de la courtepointe »; ce cahier s’adresse autant à la débutante qu’à l’experte et suscite un engouement pour la courtepointe, cet art ancien toujours à la mode.

En 2007, c’est la publication des « Techniques pour mieux cuisiner » issues d’un enrichissement des mini-cours d’art culinaire déjà publiés dans l’Actuelle magazine.

En 2008, grâce au travail acharné de madame Yolande Labrie paraissent des réalisations des artisanes des CFQ dans « Les Secrets du tissage » un des rares recueils de tissage publié en français au Québec et Les CFQ s’associent à MIRA pour former au coût de 30 000$ de jeunes chiens-guides.

En 2011, publication du « Qu’est qu’on mange express ».

En 2013, parution du volume Trucs et Astuces Express.

En 2014, presque 100 ANS ET TOUJOURS TRÈS ACTIFS! Le 19 septembre, l'Association fait le lancement des activités du 100e anniversaire et présente le nouveau logo des CFQ et une nouvelle affiche. il y a aussi parution du volume QQM Au Temps des Fêtes.

Le 25 février 2015, c'est le 100e anniversaire de la fondation des CFQ

Autrefois à vocation essentiellement agricole, le Cercle devient une véritable école de vie touchant à tous les horizons, de l’artisanat à la santé, de l’environnement à l’engagement dans le milieu en passant par les communications et l’administration.

En route vers leur centenaire, les CFQ évoluent comme ils l’ont toujours fait, bénévolement, dans un heureux mélange d’ouverture d’esprit et de valeurs sûres.

À nous de continuer l’histoire de notre Association !

Sources :
Yvonne Railland-Morissette, le passé conjugué au présent, Les Éditions Pénélope, 1980
Yolande Cohen, Femmes de parole, Les Éditions du Jour, 1990
l’Actuel magazine des Cercles de Fermières du Québec, Volume 3 no 5, mai 93
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